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Harcèlement scolaire : nos conseils pour aider votre enfant

Harcèlement scolaire : nos conseils pour aider votre enfant

Le harcèlement scolaire touche de plus en plus d’enfants. Face aux critiques et aux insultes, un enfant ne sait pas toujours comment se défendre. Le harcèlement scolaire a aussi des conséquences sur l’avenir de nos enfants. Adopte un doudou vous donne des conseils pour agir contre le harcèlement scolaire.

Qu’est-ce que le harcèlement scolaire ?

Le harcèlement scolaire est une violence répétée faite par une personne ou par un groupe de personnes à l’égard d’un camarade d’école. Dan Olweus, un professeur de psychologie norvégien, défini ce terme en 1999 : « un ou une élève est victime de harcèlement lorsqu’il ou elle est soumis(e) de façon répétée et à long terme à des comportements agressifs visant à lui porter préjudice, le ou la blesser ou le ou la mettre en difficulté de la part d’un ou plusieurs élèves. »

Le harcèlement scolaire possède 4 caractéristiques :

  • La répétition : la violence est répétée sur une période longue rendant ainsi la vie de l’enfant difficile et insupportable ;
  • La domination : la harcèlement scolaire se définit par un rapport de force et une prise de pouvoir sur la personne concernée ;
  • L’intention de nuire : l’harceleur a ainsi l’intention de nuire à sa victime, même s’il se défend en prétextant un « simple jeu » ou pour « rigoler » ;
  • L’isolement de la victime : la personne concernée est souvent faible, seule et est incapable de se défendre face à ses détracteurs.

Les différentes formes de violences

Ensuite, le harcèlement scolaire peut prendre différentes formes :

  • Le harcèlement moral : il se constitue de moqueries, d’insultes et de menaces à l’égard d’un enfant ;
  • Le harcèlement physique : cette forme d’harcèlement se traduit par des violences physiques ;
  • Le harcèlement d’appropriation : l’enfant est sujet à du racket et à du vol de biens lui appartenant ;
  • Le harcèlement sexuel : l’harceleur cherche à embrasser, à toucher ou même à déshabiller une autre personne sans son consentement.

La difficulté de reconnaitre un enfant harcelé

Il est compliqué de reconnaitre une situation d’harcèlement au sein d’établissement scolaire. En effet, les agresseurs agissent en toute discrétion et les adultes interprètent parfois la situation comme étant de simple chamailleries entre enfants.

Les chiffres du harcèlement scolaire en France

En France, près d’un élève sur dix est victime d’harcèlement scolaire.Cette violence est vécue par 12% des élèves en primaires, 10% au collège et entre 3 et 4% au lycée. Le harcèlement est encore bien présent dans nos établissements scolaires.

Selon l’UNESCO, sur 6 millions de collégiens et lycéens scolarisés en 2018, environ 2 millions sont victimes d’harcèlement scolaire.

« Le harcèlement scolaire c’est une violence, ce n’est pas un conflit, ce n’est pas un jeu d’enfants, c’est une violence répétée, continue, de la part d’un ou de plusieurs élèves à l’égard d’un enfant. On a une disproportion des forces, c’est-à-dire qu’on a un enfant qui est plus fort qu’un autre qui a du mal à se défendre. Et puis vous avez ce concept, horrible à dire, qui est de nuire. Au bout d’un moment, les faits, les actes, les paroles vont abîmer cet enfant, cette victime qui va finir par perdre l’estime de soi, la confiance en soi » décrit Catherine Verdier, psychologue et spécialiste des enfants et adolescents.

Harcèlement scolaire
Le harcèlement scolaire est une violence répétée sur un enfant dans l’intention de le nuire.

Nos conseils pour lutter contre le harcèlement scolaire

Face à ce fléau, nous souhaitons aider et soutenir nos petits bambins. Un enfant harcelé se sent en insécurité à l’école et devient le souffre-douleur de ses camarades de classes. Adopte un doudou vous donne ses conseils pour lutter contre cette violence à l’école.

Surveiller les premiers signes

Un enfant harcelé à l’école peut avoir peur de parler de cette situation. Les parents se sentent parfois coupables et inutiles face à la souffrance de son petit marmot. Pourtant, quelques petits signes peuvent vous alerter :

  • Du matériel scolaire abîmé ;
  • Des vêtements déchirés ;
  • La perte fréquente d’objets.

Lorsque ces événements se reproduisent de manière répétée, l’enfant est souvent victime d’agressions ou d’humiliations à l’école.

Refuser d’aller à l’école

L’évitement ou le refus de se rendre à l’école est un signe qui peut se traduire par le harcèlement scolaire. Cela peut ainsi se traduire par de l’énervement, par le souhait d’arriver à l’heure du début des cours pour éviter la confrontation, ou encore le refus de manger à la cantine.

Ecoutez son enfant

Votre petite fille ou votre petit garçon vous raconte ces horribles journées à l’école ? Votre enfant est alors victime d’harcèlement scolaire. Ecoutez et prenez en considération ce qu’il dit. Un enfant a besoin de discuter avec vous pour se libérer de cette violence quotidienne.

Prévenir l’école

Dans un premier temps, il est important de prévenir la direction et le personnel de l’établissement scolaire. La discussion et la communication sont ainsi primordiales pour éviter que ces agissements se reproduisent.

Soutenir et accompagner son enfant

Ensuite, vous devez rassurer votre enfant. Les insultes, les menaces ou les violences qu’il subit ne sont pas normales. Votre enfant ne doit pas se sentir coupable.

Puis, montrez-lui que vous êtes présents pour lui. Dans cette situation, un enfant a besoin de se sentir soutenu par ces parents et par les membres de sa famille (frères et sœurs, grands-parents). Sans cette protection, l’enfant peut perdre ainsi confiance en lui et ne pas en discuter à ses parents.

Apprenez-lui à répondre à ses agresseurs

La psychologue, Mme MILLOT Florence, propose une technique d’autodéfense à destination des enfants harcelés à l’école : le « Tatakai ». Elle explique cette solution dans son livre « J’me laisse pas faire dans la cour de récré ». Florence MILLOT présente différentes techniques pour utiliser le « Tatakai ».

Cette technique se traduit par de l’autodéfense émotionnelle. Elle a pour but de se défendre au sein de l’école sans provocation et sans susciter la violence. Le Tatakai est inspiré des arts martiaux japonais et permet à l’enfant de se défendre à travers les mots. Votre enfant apprendra à avoir une parole bienveillante pour répondre à ses agresseurs.

« Stop au harcèlement »

Depuis 2013, le gouvernement français a mis en place un numéro vert pour les victimes d’harcèlement scolaire. Vous pouvez appeler le 3020 du lundi au vendredi entre 09h00 et 20h00 et le samedi de 09h à 18h.

Puis, un site internet « non au harcèlement » existe pour aider les victimes et les parents à résoudre ce problème.

Porter plainte dans les situations les plus graves

Dans certains cas, le harcèlement scolaire peut être grave. Pour que justice soit faite, vous pouvez ainsi porter plainte dans un commissariat ou dans une gendarmerie. Toutes les victimes peuvent alors porter plainte jusqu’à 6 ans après les faits.

En effet, le harcèlement scolaire est puni par la loi. Si l’agresseur a plus de 13 ans au moment des faits, il risque des peines de prisons allant de 6 à 18 mois et une amende de 7 500€. En dessous de l’âge de 13 ans, l’harceleur aura des sanctions qui relèvera de dispositifs spécifiques.

La campagne de sensibilisation du ministère de l’éducation national et de la jeunesse en 2018 @nonauharcelement

Les conséquences du harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire est une violence répétée et subie. Ainsi, cette violence a des conséquences chez l’enfant harcelé. En effet, les conséquences peuvent être les suivantes :

  • Une perte d’estime de soi ;
  • Un manque de confiance en soi ;
  • Un stress chronique ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • De l’absentéisme à l’école ;
  • Un désinvestissement et une baisse des résultats scolaires ;
  • Une dépression

Puis, les professionnels de la santé estiment qu’un enfant harcelé a quatre fois plus de risques d’avoir des idées noires et suicidaires.

Et les auteurs des agressions ?

Les harceleurs auront aussi des conséquences par rapport à leurs actes. En effet, ils peuvent connaitre des difficultés scolaires. De plus, il peut y avoir des répercussions sur son état de santé. Sur le long terme, les agresseurs peuvent avoir des comportements délinquants : être harceleur à l’âge de 14 ans augmente significativement les condamnations pour violence entre 15 et 20 ans.

Puis, une étude démontre que :

  • 27,1% ont une situation sociale précaire (contre 13,6% chez les non-harceleurs) ;
  • A l’âge de 48 ans, ils sont 21% à considérer que leur vie sociale est minable (contre 9,4% des adultes qui n’ont pas été harceleurs dans leur jeunesse).

Les témoignages d’enfants victimes d’harcèlement scolaire

Depuis quelques années, les témoignages de victimes face au harcèlement scolaire se multiplient. Les victimes souhaitent partager leurs expériences pour lutter contre ce fléau à l’école. Adopte un doudou vous dévoile quelques histoires d’enfants et de parents victimes du harcèlement scolaire.

Un petit garçon de 10 ans et sa maman témoignent

Du jour au lendemain, Antoine arrête de parler de ces journées d’école à sa maman. C’est pendant la période de Noël que Sandrine, sa maman, s’inquiète lorsque le petit garçon dit ne pas vouloir de cadeau.

En effet, Antoine se confie et déclare à sa mère qu’il est le souffre-douleur de ses camarades. Il est sujet de moqueries, d’insultes, d’humiliations et de violences physiques.

La maman du petit Antoine dénonce dans son témoignage la non-efficacité des autorités face au harcèlement scolaire.

Le témoignage de Timéo

Timéo, jeune garçon de 11 ans, prend son courage à deux mains pour livrer son témoignage. « Je veux dire à tout le monde ce que j’ai vécu pour que ça n’arrive à personne d’autre ».

Timéo a été victime d’harcèlement scolaire : trois camarades de classe le frappait tous les jours dans un coin de la cours de récréation.

Du cours élémentaire à la dernière année de primaire, le petit garçon est resté dans le silence. Puis, il a commencé à vomir et à se plaindre de mots de tête. L’école assimile son comportement comme un trouble d’apprentissage : la dyslexie.

Pendant l’année scolaire 2017-2018, l’enfant n’a pas mis un seul pieds dans l’établissement scolaire. Malgré le déménagement de ses parents, Timéo essaye encore de surmonter ses craintes dans sa nouvelle école.

L’histoire bouleversante de Jonathan

L’histoire de Jonathan Destin a fait l’objet d’un téléfilm sur TF1 en novembre 2018 : le jour où j’ai brulé mon cœur.

Jonathan a été harcelé de l’âge de 10 ans, jusqu’à ses 16 ans. Au départ, le harcèlement scolaire se traduisait par des petites insultes. Plus le temps passe, plus le harcèlement devient violent.

« On me disait que j’étais trop gros, que je ne servais à rien. Des élèves se mettaient en cercle autour de moi et me rouaient de coups, sous les applaudissements. A ces agressions s’est ajouté le racket quand j’étais au lycée. Tous les jours, des élèves me volaient les 5 euros que ma mère me donnait pour déjeuner. Résultat : j’allais en classe l’après-midi sans avoir rien avalé »

Puis, le 8 février 2011, Jonathan s’asperge d’essence avant d’allumer un briquet. Il s’est jeté ensuite à l’eau et a été sauvé par un passant. Jonathan âgé de 16 ans à l’époque, a été placé sous coma artificiel pendant deux mois et demi. Il est resté à l’hôpital pendant plus d’un an.

Aujourd’hui, il considère avoir plus de forces et espère que son histoire aura des répercussions sur le fléau du harcèlement scolaire.

La bande-annonce du téléfilm « Le jour où j’ai brûlé mon cœur » inspiré de l’histoire de Jonathan Destin.

Jetez un coup d’œil à notre article sur les risques d’une surexposition des écrans chez les enfants